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Une longue bataille

La lutte contre la fraude est un cheval de bataille de longue date pour les assureurs, encore plus depuis le début de la crise sanitaire. Pourtant, il existe des solutions simples et efficaces qui font appel à la technologie pour les aider dans ce combat.  

La fraude est un casse-tête permanent pour le secteur de l’assurance. Selon l’Alfa (Agence pour la lutte contre la fraude à l’assurance), la fraude représentait 1 demi-milliard d’euros en IARD en 2018, et seuls 300 millions d’euros étaient effectivement détectés et récupérés par les assureurs toutes catégories confondues.  

Les mesures pour lutter contre ce problème existent, comme des sanctions civiles et pénales à l’encontre des fraudeurs, sans être pour autant suffisamment déployées ou efficaces.

De plus, dans le contexte actuel de crise sanitaire de la Covid-19, les assureurs sont nombreux à avoir constaté une hausse importante des tentatives de fraude*(*source : JDNLes assureurs investissent dans la lutte contre la fraude

Riposte ! 

Néanmoins, la plupart d’entre eux décident de riposter.  

Si l’assurance automobile reste la plus concernée par les fraudes pour les assureurs, nous constatons également une augmentation des activités frauduleuses dans le domaine des dommages, conduisant à investir davantage dans la prévention de la fraude.  

Dans leur quête de nouveaux moyens pour lutter contre la fraude, les assureurs pourraient envisager d’inverser le modèle d’identification de la nature frauduleuse des demandes d’indemnisation. En d’autres termes, plutôt que de mettre sur liste noire les clients qu’ils considèrent comme des mauvais élèves, les assureurs pourraient au contraire établir une « liste blanche » de ceux qui agissent bien. Cette approche, qui reprend des pratiques habituellement associées à la cybersécurité, permettrait aux assureurs de réduire le champ d’action des gestionnaires de sinistres lorsqu’ils tentent d’identifier les fraudes.  

Les demandes d’indemnisation des clients présentant des antécédents de comportement non frauduleux peuvent être traitées plus rapidement, tandis que les demandes d’indemnisation des clients qui ne font pas partie d’une liste blanche peuvent être vérifiées de manière plus approfondie pour s’assurer de leur honnêteté 

De nombreux assureurs se tournent vers la technologie pour les aider à identifier des modèles de comportement frauduleux, que ce soit chez des individus lambda ou au sein de groupes organisés.  

Certains assureurs utilisent l’intelligence artificielle et les techniques d’apprentissage automatique pour rechercher des modèles de comportement et d’autres signaux d’alerte qui indiquent la possibilité d’un sinistre frauduleux. L’Intelligence Artificielle permet aux assureurs de générer très rapidement des connaissances précieuses issus de l’énorme quantité de données dont ils disposent afin de mieux appréhender les situations auxquelles ils sont confrontés.  

Les réseaux sociaux peuvent également entrer en jeu dans la détection des fraudes et sont de plus en plus utilisés, en particulier dans les pays anglo-saxons, tandis qu’en France, leur utilisation reste pour l’instant plus marginale. La consultation des profils Facebook, Twitter ou encore Instagram des assurés afin de vérifier la véracité des informations qu’ils ont fournies ne suffit pas. Il faut les coupler avec d’autres outils ou techniques de recherche (enquêtes privées …) car leur utilisation à bon escient requiert une logistique complexe afin que les différentes sources d’informations dont disposent les assureurs se complètent de façon efficace. 

 Article rédigé par Fatoumata KONTE, Consultante en Maîtrise d’ouvrage  VIVEI